Urgences au square

Ce matin du 27 mars, le vent de la destruction s’est levé sur le square Guiu. Au surlendemain du moment d’adieu aux acacias qui a réuni plus de 70 personnes. Cette après-midi nous avait permis de profiter du dernier jour de vie de ces arbres en pleine force de l’âge, peuplant la partie nord du square, côté boîte à livres. Événement empreint de chaleur, petits et grands ont profité des animations, manifesté leur attachement aux arbres, notamment en signant de l’empreinte de leurs mains les troncs promis à l’abattage.

Dès le jeudi, au lendemain de cette quasi-cérémonie à la fois triste et joyeuse, les palissades se sont érigées, interdisant totalement l’accès à ce qu’on nommait aussi le Petit Parc. Le verdict prononcé est exécuté dès le vendredi matin. Il y avait, en effet, urgence. Comment ne pas penser au risque qu’aurait pu présenter, sait-on jamais et même si d’autres gros chats sont à fouetter, un arrêté moratoire pris par le premier conseil municipal de la nouvelle mandature le soir même ? Il fallait, en tout état de cause, achever l’irrémédiable.

Il fallait donc, au plus vite, abattre les arbres même avant la disponibilité d’un élagueur qualifié ainsi qu’auraient pu le prévoir les termes d’un marché public. Cela illustre la maladresse d’une gestion de projet, centrée sur sa propre technicité, pour laquelle le mot « aménité » est absent du dictionnaire. Nous devons rappeler une fois de plus que l’Association Sauvons le square Guiu n’est, d’aucune façon, opposée aux aménagements de lutte contre les inondations, elle conteste les modalités techniques de certaines réalisations qui pourraient être plus légères en diminuant l’impact sur la Nature en Ville comme dans le cas qui nous occupe.

En tout état de cause et dans cette urgence, ce sont les employés de l’entreprise Razel Bec, visiblement peu qualifiés pour ce genre d’opération, qui ont entrepris le tronçonnage des arbres désignés, alors qu’un vent violent sévissait depuis deux jours. Les critères de sécurité pour l’abattage d’arbres à partir d’une nacelle élévatrice n’étaient certainement pas réunies lorsque la partie supérieure du tronc d’un acacia heurta la tête de l’opérateur au moment où il se détachait. La personne a été blessée, elle a perdu son casque sous le choc. L’ambulance du SDIS l’a acheminée vers le CHU et nous espérons que les conséquences de l’accident restent minimes pour cet agent.

Nous posons la question de la régularité de la décision d’abattage dans ces conditions de fort vent du nord par du personnel non qualifié. Pour quelles raisons n’aurait-on pas attendu quelques jours de plus le temps que le vent tombe et que du personnel qualifié soit disponible ?